En quoi l’agilité à l’échelle est-elle différente des autres pratiques agiles ?

Les principes de l’agilité n’ont plus de secret pour personne et sont bien intégrés dans le quotidien d’un grand nombre d’organisations. Cependant, l’application de méthodes de type Scrum et Lean ne permet pas toujours de couvrir l’ensemble des besoins, surtout lorsqu’il s’agit de projets d’envergure. En effet, même si ces méthodes n’ont plus à faire leurs preuves en termes d’efficacité, elles ne permettent cependant pas d’avoir de la visibilité sur l’ensemble des projets d’une organisation.

En conséquence, il est presque impossible de prioriser uniformément les développements pour l’ensemble des projets d’une organisation, et de visualiser les impacts d’un projet sur un autre. Les équipes peuvent avoir des difficultés à se synchroniser, ne disposant pas d’outil de suivi global des différentes livraisons.

Aujourd’hui, les organisations se tournent de plus en plus vers les approches agiles pour la gestion de leur portefeuille de projets et la planification de programmes complexes. C’est pour cela qu’elles n’hésitent plus à avoir recours à l’agilité à l’échelle. Il est important de distinguer la démarche d’Adoption Agile qui peut être appliquée en quelques semaines ou quelques mois sur un nombre réduit d’équipes, et la démarche de Transformation Agile qui impacte tout ou partie d’une organisation.

L’agilité à l’échelle relève davantage de la seconde démarche avec une difficulté majeure : il ne suffit pas simplement de changer d’échelle pour réaliser une Transformation Agile. Cela implique de créer une organisation permettant de faire travailler toutes les équipes agiles ensemble autour d’un même produit, voire d’un même ensemble de produits.

Il est nécessaire de transformer de manière globale la culture, la façon de travailler, et d’interagir en valorisant le leadership, la collaboration et le partage d’informations, la focalisation produit, la culture de l’échec (dans le cas où l’on en retire rapidement des enseignements) pour que l’agilité à l’échelle fonctionne sur le long terme.

Des entreprises comme la Société Générale, Axa France, EDF ou encore Pôle emploi ont recours à l’agilité à l’échelle depuis ces dernières années.

Les constats, après quelques mois de passage à l’agilité à l’échelle, sont très positifs, comme en témoigne, par exemple Eric CHAMBEFORT, Responsable du Département SI Numérique pour la DSI EDF Commerce Marché Entreprises et collectivités. Après un peu plus d’un an d’exercice, il mesure le succès du passage à l’économie d’échelle à travers le niveau d’engagement et du bien-être des équipes, qui n’envisageraient pas un retour arrière.

SAFe (Scaled Agile Framework) a été créé en 2011 par Dean Leffingwell dans le but de proposer l’agilité à l’échelle dans les grandes DSI et certaines entreprises afin de répondre à un nouveau besoin. Il résulte de la mise en commun des méthodes agiles et du Lean. A l’origine, SAFe a été utilisé aux Etats Unis puis en Europe du Nord, et prend désormais ses marques en France. Aujourd’hui, pas moins de 38 entreprises françaises l’utilisent.

Bien que contesté par certains experts de l’agilité, car considéré comme n’étant pas assez agile, plusieurs entreprises trouvent ce framework plutôt rassurant car le cadre proposé est très complet et permet de donner une réelle visibilité aux dirigeants. Il est principalement adapté pour les organisations complexes ayant besoin d’une approche agile à grande échelle.

L’implémentation de SAFe dans une organisation se fait à travers une trajectoire bien définie. Elle s’appuie sur le schéma suivant (Source : Implementation Roadmap).

Découvrons comment fonctionne le framework SAFe

 

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